Investir dans l’immobilier, plutôt que dans la Bourse a de plus en plus la cote en Belgique.

11-05
Jean-Bernard le dit lui-même : la Bourse est un métier à part, spécifique. « C’est réservé à des connaisseurs, à des analystes. Je n’en suis pas un, je n’ai pas le temps, je n’ai pas l’envie. Et puis les bourses sont extrêmement volatiles et il reste très difficile de prévoir les choses. Et je me suis rendu compte que, quand on veut sécuriser son capital, la Bourse n’est plus du tout la meilleure façon de procéder. »

Alors, il a réfléchi : pour 125.000€ hors frais – une partie en fonds propres, l’autre empruntée à la banque grâce à des taux d’intérêt extrêmement bas – le voilà propriétaire de ce bien qui sera livré en 2021. « Quand j’investis dans l’immobilier, je sais que mon investissement ne pourra jamais être négatif. Je sais que j’aurai de toute façon une plus-value moyenne à moyen long terme et un locataire très rapidement », poursuit notre témoin.

Éric Verlinden, administrateur-délégué du groupe Trevi
Éric Verlinden, administrateur-délégué du groupe Trevi - © RTBF
De 3 à 3,5% de rendement
Si tout se passe bien à la location, le rendement immédiat pour un bien neuf est estimé à 3 ou 3,5% par an. C’est évidemment plus que les intérêts sur un compte épargne. Alors, les agences immobilières voient de plus en plus arriver le profil de ces nouveaux investisseurs comme Jean-Bernard.

« Je dirais qu’il y a plus de cinq ans, c’était principalement des classes aisées qui investissaient en diversification immobilière », entame Éric Verlinden, administrateur-délégué du groupe Trevi. « Aujourd’hui ce n’est plus le comportement. Cela fait un petit moment qu’on constate qu’il y a un revirement dans cette tendance et que l’investissement immobilier devient l’investissement de M. et Mme Tout-Le-Monde, qui disposent d’une épargne de 50.000, 75.000€ qui dorment sur des comptes ou placés dans des actions, et qui considèrent que cela n’est plus suffisamment productif et peut-être aussi relativement instable », précise l’expert. Car, l’instabilité semble l’élément déterminant dans le choix de revenir sur la brique.

Hausse importante du nombre de transactions immobilières
Et ce phénomène se traduit chez les notaires : le nombre de transactions immobilières a augmenté de 8% au cours du premier trimestre 2019, par rapport à la même période l’année dernière. Pour Me Renaud Grégoire, porte-parole de la Fédération des Notaires, cela s’explique aussi par un marché immobilier qui reste stable : « Les prix n’augmentent pas de façon manifeste. On a vu que sur les dix dernières années, il y a eu une augmentation de l’ordre de 15 à 20%. Ce n’est pas beaucoup plus élevé que l’indexation, si vous prenez l’indice des prix à la consommation. C’est une légère augmentation mais pas une énorme. »

Et même si le marché immobilier peut fluctuer lui aussi, il semble plus que jamais devenir une valeur refuge pour les frileux de la bourse ou les déçus de l’épargne.

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